Les rideaux ne sont pas encore levés sur l’édition numéro 113, mais le public dispose déjà d’un grand nombre d’indices : un Grand Départ barcelonais jamais vu à ce niveau de précision, une traversée inédite des cinq massifs, et surtout une double arrivée à l’Alpe d’Huez qui fait saliver les nostalgiques d’épopées héroïques. Pendant que les rumeurs s’additionnent, les organisateurs ont présenté un parcours de 3 333 km devant plus de 3 500 personnes au Palais des Congrès de Paris, preuve qu’ils ne craignent plus de dévoiler très tôt les grandes lignes. Dans les cafés cyclistes, on évoque déjà les 54 450 mètres de dénivelé, les 184 coureurs attendus, et les premières stratégies d’équipes obsédées par la conquête du maillot jaune. L’atmosphère rappelle ces veilles de fête foraine : on sait que la grande roue tournera, on ignore seulement qui hurlera le plus fort.
- Grand Départ à Barcelone : contre-la-montre par équipes et arrivée sur la colline de Montjuïc.
- Parcours de 3 333 km avec 54 450 m de dénivelé et cinq massifs franchis.
- Six arrivées au sommet dont la station des Angles et Gavarnie-Gèdre dès la première semaine.
- Double montée historique de l’Alpe d’Huez, les jours décisifs pour le classement général.
- Deux contre-la-montre, un par équipes à l’ouverture et un individuel autour du Lac Léman.
- Edition féminine de neuf étapes, étape reine au Mont Ventoux et final sur la Promenade des Anglais.
Grand Départ de Barcelone : premières images d’une fiesta catalane à haute vitesse
Julio tient un café à deux pas des Ramblas. Il a installé un petit comptoir dédié au vélo, souvenirs jaunis d’Eddy Merckx et brassées de biscuits à l’huile d’olive. Pour lui, l’annonce d’un départ du Tour de France depuis Barcelone n’est pas seulement un évènement sportif : c’est l’occasion de revoir la ville traversée par une caravane que son grand-père avait déjà applaudie en 2026 et 2026. La première étape, un contre-la-montre par équipes de 19,7 km, s’élancera du front de mer pour grimper les virages serrés de Montjuïc. Les directeurs sportifs prévoient déjà d’alterner rouleurs puissants et grimpeurs agiles afin d’éviter la cassure lorsque la route se cabre à 8 %.
Le lendemain, 178 km emmèneront le peloton de la plage à l’anneau olympique. L’historien local Sergi Miró rappelle que cette colline fut le théâtre de la victoire d’Abraham Olano aux Jeux de 2026. L’écho de cette mémoire sportive teinte d’émotion le discours des commentateurs : pour la troisième fois seulement de son histoire, la Grande Boucle démarre en Espagne après Saint-Sébastien et Bilbao. Dans la foulée, les supporters français s’organisent déjà pour franchir la frontière en voiture afin d’assister à la première arrivée au sommet aux Angles, dès la troisième journée.
La vague médiatique est telle que les acteurs du mercato profitent de la lumière. Des annonces comme la prise de contrôle de l’équipe BORA-Hansgrohe par Red Bull (lire ici) ou l’avertissement musclé de Patrick Lefevere à la famille Evenepoel (découvrir) se glissent au milieu des comptes-rendus d’étape fictifs. La saison des rumeurs n’a jamais semblé aussi fertile : chaque présentation de parcours devient un podium pour les coulisses du business.
Cinq massifs au programme : comment le peloton apprivoise montagnes et légendes
Le calendrier dévoilé affiche sept étapes de plaine, quatre accidentées et huit de haute montagne. Mais dans les bus climatisés, on ne parle que des cinq géants géographiques que sont les Pyrénées, le Massif central, le Jura, les Vosges et les Alpes. L’entraîneur fictif Marc Duport a découpé le profil de la troisième étape vers la station des Angles : plus de 3 000 m de dénivelé dès le passage en France. Il sait que ses grimpeurs devront frapper un grand coup avant la première journée de repos.
Les coureurs redoutent surtout l’enchaînement Gavarnie-Gèdre et Pau. Dans la vallée, on raconte que la montée vers le cirque dévoile les mêmes parois calcaires que celles qu’affrontaient les premiers forçats de la route. Les mécaniciens anticipent des braquets de 34×32 pour éviter l’explosion musculaire dans la rampe à 13 %. En revanche, l’étape de Pau vers Bordeaux, plutôt plate, devrait sourire aux sprinteurs et permettre à un Arnaud De Lie ambitieux (voir ses objectifs) de viser une première victoire sur la Grande Boucle.
Pour visualiser l’effort, voici un tableau comparatif des principaux cols :
| Col | Massif | Longueur | Pente moyenne | Dénivelé |
|---|---|---|---|---|
| Port de Balès | Pyrénées | 18,9 km | 6,2 % | 1 175 m |
| Col du Pas de Peyrol | Massif central | 5,4 km | 8,1 % | 440 m |
| Grand Colombier | Jura | 17,4 km | 7 % | 1 200 m |
| Planche des Belles Filles | Vosges | 7 km | 8,6 % | 600 m |
| Col de la Croix de Fer | Alpes | 29 km | 5,2 % | 1 505 m |
Ce panorama rappelle que chaque massif possède sa signature. Le Massif central, souvent sous-estimé, peut s’avérer décisif : la montée vers le Lioran le prouvera, tout comme elle avait surpris le peloton vieillissant lors d’une canicule en 2026. Les Vosges, elles, servent de tremplin aux baroudeurs. L’équipe Lidl-Trek mise sur Mattias Skjelmose, récemment prolongé jusqu’en 2026 (détails), pour secouer le classement au Plateau de Solaison.
La narration de la course repose autant sur la topographie que sur les trajectoires humaines. Le jeune Norvégien Magnus Cort, fraîche recrue d’Uno-X Mobility (plus d’infos), rêve d’un coup d’éclat dans les Vosges, théâtre de son premier succès WorldTour. Il sait que la Planche des Belles Filles repousse les limites de la résistance. Chaque virage porte encore le nom d’un anonyme inscrit à la craie pendant l’été 2026.
La double ascension de l’Alpe d’Huez : au cœur d’une journée qui fera basculer le maillot jaune
Rares sont les sites qui déclenchent autant d’histoires que les 21 virages numérotés de l’Alpe d’Huez. Les organisateurs n’avaient jamais tenté le pari d’y programmer deux arrivées consécutives. La première, classique, reliera Gap à la station, 165 km de montagnes russes avec un final déjà bien connu. La seconde, épique, partira du Bourg-d’Oisans pour un inédit passage par le col de Sarenne après avoir escaladé la Croix de Fer, le Télégraphe et le Galibier. Cinq 600 mètres de dénivelé positif en une seule étape : c’est plus qu’une étape reine, c’est un mythe en création.
Dans son carnet, l’ancien coureur Basile Petit notait : « Quand les lacets s’enchaînent, le public devient un mur. » Les spectateurs grimpent la veille, s’installent sous le panneau d’un virage qu’ils considèrent comme un balcon privé. On s’attend à ce que les 16 000 participants de l’Étape du Tour, prévue trois jours plus tôt sur le même tracé, laissent des traces de craie encore fraîches.
Pour le classement général, l’effet pourrait être dévastateur. Un leader isolé pourrait perdre trois minutes dans la deuxième ascension si ses équipiers explosent. À l’inverse, une formation collectivement forte – peut-être l’ancienne Jumbo-Visma en pleine restructuration après l’abandon des négociations avec Soudal Quick-Step (en savoir plus) – pourrait y sceller la victoire finale.
Enfin, la symbolique ne doit pas être sous-estimée. Depuis que Bernard Hinault y a fêté son cinquième sacre, chaque passage fait renaître la légende. La date imprimée sur le badge du fan club resté au grenier – 2026 – vaut davantage qu’un tatouage. Celui qui gagnera la seconde montée gravera son nom au même rang que Coppi dans le Galibier ou Gaul dans l’Iseran.
Contre-la-montre et sprints : l’art d’équilibrer spectacle et stratégie
Entre les géants alpins, le jury technique a glissé deux exercices de précision : un contre-la-montre par équipes inaugural et un individuel de 32 km autour du Lac Léman. Ces épreuves façon « chambre d’écho » font résonner chaque erreur de pilotage. Souvenons-nous de la claque infligée par la formation Orica-GreenEdge en 2026 : 0,75 seconde gagnée par kilomètre sur les rivaux.
Le chrono du Lac Léman, quant à lui, mélange paysages de carte postale et pièges aérodynamiques. Les directeurs sportifs hésitent encore sur la monte de jantes : 60 mm ou 80 mm de hauteur ? Le vent catabatique qui descend du Jura peut transformer une roue trop haute en voile. Côté coureurs, Remi Cavagna et Davide Formolo, nouveaux venus chez Movistar (aperçu de leur transfert), espèrent y refaire leur retard.
Les sprinteurs n’ont pas été oubliés. Des villes comme Pau, Bordeaux ou Chalon-sur-Saône promettent des arrivées massives à plus de 70 km/h. Pourtant, la traditionnelle parade des Champs-Élysées est pimentée : avant de rejoindre l’avenue, le peloton grimpera trois fois la Butte Montmartre. Les trains de lancements devront maîtriser une descente technique juste avant le sprint final. Qui sait si un nouveau Caleb Ewan surgira d’une équipe africaine en plein essor, à l’image du projet Q36.5 de Doug Ryder (plongez dans son initiative) ?
Sur le plan tactique, chaque directeur sportif jongle entre préservation des équipiers pour la montagne et recherche de bonifications en plaine. Un Top 10 serré après le massif des Vosges rendra le chrono déterminant. La variable mentale complétera l’équation : l’approche de la seconde montée de l’Alpe d’Huez après le Lac Léman injectera une dose d’adrénaline à la veille de la dernière semaine.
Le Tour de France Femmes et l’Étape du Tour : la grande fête du cyclisme pour tous
À peine les applaudissements s’éteindront-ils sur les Champs-Élysées que la version féminine prendra le relais. Neuf étapes, 1 175 km, départ de Lausanne : la recette conserve la densité spectaculaire de l’an passé tout en ajoutant la montée intégrale du Mont Ventoux. Cette étape reine, prévue le 7 août, affiche 3 565 m de dénivelé. Dans le bus de l’équipe SD-Worx – devenue SD-Worx-Protime cette saison (voir le nouveau sponsor) – on installe déjà des simulateurs d’altitude pour préparer les 15,7 km de souffrance vers la station météo.
L’arrivée sur la Promenade des Anglais, après quatre passages du col d’Èze, offre un terrain de chasse aux grimpeuses capables de flairer la moindre cassure. La championne norvégienne Katrine Årnesen rêve d’y revêtir le premier maillot jaune de sa carrière, inspirée par les pionnières qui s’étaient battues pour la médiatisation du peloton féminin en 2026. Pourtant, les enjeux dépassent la seule ligne blanche : sécurité des coureuses, exposition télévisée, salaire minimum, autant de combats encore en cours (analyse complète).
Le public amateur, lui, s’invite plus que jamais dans l’aventure. L’Étape du Tour masculine accueillera 16 000 cyclistes sur le parcours de la double Alpe d’Huez le 19 juillet, tandis que la version féminine au Ventoux prévoit déjà 8 000 inscrits. Dans la file d’attente numérique le 3 novembre, on retrouvera aussi bien la quinquagénaire qui a découvert le vélo pendant le confinement que le jeune triathlète désireux de tester ses braquets.
Au-delà des chiffres, c’est l’imaginaire collectif qui s’élargit. Le Tour de France n’est plus seulement une course : il devient un parc d’attractions mobile où la technologie – applications de suivi en temps réel, caméras embarquées, cartographie 3D – cohabite avec la tradition des bidons lancés à la volée. Chaque spectateur, au bord de la route ou derrière son écran, participe à l’écriture d’une légende qui se renouvelle à chaque virage.
Combien d’arrivées au sommet sont prévues lors de l’édition masculine ?
Six arrivées en altitude ponctueront la course, dont deux consécutives à l’Alpe d’Huez, un record pour la Grande Boucle moderne.
Quels sont les deux exercices contre-la-montre au programme ?
Le Tour proposera un contre-la-montre par équipes de 19,7 km à Barcelone le premier jour et un contre-la-montre individuel de 32 km autour du Lac Léman lors de la troisième semaine.
Comment les amateurs peuvent-ils rouler sur les traces des pros ?
Deux Étapes du Tour sont prévues : le 19 juillet sur la double Alpe d’Huez pour 16 000 cyclistes et le 6 août au Mont Ventoux, ouverte à 8 000 participantes et participants.
Quel rôle joue le Ventoux dans la version féminine ?
Le Mont Ventoux constituera l’étape reine, avec 3 565 m de dénivelé et 15,7 km d’ascension, décisifs pour le classement général.
